Niger : pour une résolution rapide, pacifique et durable du conflit
Vendredi 3 août 2007, par // Actualités du RODADDHD
Déclaration commune des organisations de la société civile nigérienne pour une résolution par le dialogue de la crise nationale actuelle
Fait à Niamey, le 3 août 2007
Nous, signataires de la présente déclaration, organisations de la « société civile nigérienne », oeuvrant pour la paix, la justice sociale, la défense et le renforcement des acquis de la démocratie dans notre pays, la défense des droits humains et le développement ;
En ce 3 août 2007, jour de la fête nationale nigérienne, commémorant l’indépendance du pays survenue il y 47 ans, qui devrait être un symbole de l’unité nationale et de la justice sociale mais ne sera cette année qu’un bien sombre anniversaire en raison du conflit dramatique que connaît actuellement le pays, et de l’escalade guerrière qui semble aujourd’hui sans issue ;
Souhaitons faire entendre une voix raisonnable et responsable dans le concert souvent inaudible des contributions les plus diverses et parfois les plus dangereuses de certains acteurs nigériens concernés par ce conflit et apporter notre contribution d’organisations de la société civile nigérienne pour une résolution rapide, pacifique et durable du conflit actuel.
Considérant la situation dramatique qui prévaut actuellement dans le Nord de notre pays et la grave crise politique et sociale qui en résulte au niveau national ;
Considérant l’importance de la crise économique et l’ampleur extrêmement inquiétante de la crise humanitaire qui s’annonce dans la région Nord de notre pays, et considérant que les plus pauvres, femmes, enfants et vieillards, où qu’ils soient, sont toujours les principales victimes des conflits ;
Considérant les vives tensions sociales que l’on sent monter dans tout le pays, le climat ambiant de rumeur, de désinformation, d’accusation et d’instrumentalisation de part et d’autre, et l’impasse à laquelle semble vouée toute initiative appelant au dialogue et à la concertation, qui nous apparaissent cependant comme les seules voies possibles d’une résolution pacifique et durable du conflit ;
Considérant que les valeurs traditionnelles de la culture nigérienne récusent la violence et la prise des armes, ainsi que l’obstination dangereuse du refus du dialogue et de la négociation lorsque des vies nigériennes sont en jeu, et considérant que lesdites valeurs collectives nigériennes permettent la résolution pacifique des conflits par la concertation ;
Considérant enfin que les parties en conflit peuvent, au jour d’aujourd’hui, être considérées comme également responsables de la situation dramatique que nous vivons, pour avoir, respectivement, pris les armes contre leurs concitoyens et suscité la violence pour les uns, et refusé jusqu’à maintenant toute tentative de concertation vers une résolution pacifique du conflit pour les autres.
1. Appelons les parties en conflit à un arrêt immédiat des hostilités et à l’ouverture d’un dialogue préalable au processus de négociation.
2. En attendant l’arrêt effectif des hostilités (qui nous apparaît comme l’unique objectif immédiat), appelons les parties en conflit :
à exercer un contrôle strict et effectif de leurs troupes pour prévenir toutes les actions meurtrières, violations des droits de l’homme et du droit international, violences, vols et abus (particulièrement envers les populations civiles) dont elles pourraient se rendre responsables et pour lesquelles elles ne manqueront pas un jour de se retrouver sur le banc des accusés de la justice nationale ou internationale, quelle que soit l’issue du conflit ;
à cesser immédiatement et sans condition le minage du territoire nigérien, révélateur selon nous de l’irresponsabilité des parties en conflit qui se seraient rendues coupables de minage et de leur mépris flagrant pour la vie de leurs concitoyens, et à cesser immédiatement et sans condition le blocus de certaines villes et zones rurales de la région Nord du pays, source d’une aggravation inacceptable de la crise économique et humanitaire que subissent les populations civiles de la région ;
à respecter scrupuleusement l’intégralité des dispositions du droit international humanitaire s’appliquant à chacune d’entre elles ;
à permettre et faciliter l’accès aux populations et aux zones les plus touchées par le conflit des travailleurs humanitaires, vivres et matériels provenant d’organisations non gouvernementales nigériennes et internationales ou d’organisations internationales ;
à lever toutes les interdictions et entraves à l’accès des journalistes et médias nigériens et internationaux à la zone, et à permettre et faciliter leur travail dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
3. Appelons :
les organisations non gouvernementales nigériennes et internationales et les organisations internationales chargées de l’aide humanitaire d’urgence à s’engager effectivement et rapidement sur le terrain pour limiter, et si possible contenir, la crise humanitaire et les effets catastrophiques du conflit sur la sécurité physique et alimentaire des populations de la région et sur l’économie locale ;
les organisations multilatérales sous-régionales, africaines et internationales à engager rapidement tous les efforts nécessaires pour la recherche d’une résolution rapide, pacifique et durable du conflit et à plaider pour la recherche d’une telle solution rapide, pacifique et durable auprès des autorités et acteurs appropriés ;
les autorités nationales étrangères (particulièrement les pays voisins du Niger, ainsi que la France et l’Union Européenne), « impliquées » dans le conflit de quelque manière que ce soit ou simplement concernées par la situation dramatique que connaît actuellement le Niger (situation dont l’aggravation continue, chacun le sait, ne profitera à personne et se fera au détriment principal des populations les plus pauvres du pays) à peser de tout leur poids auprès des organisations internationales et régionales, autorités nationales et acteurs privés appropriés, pour une résolution rapide, pacifique et durable du conflit.
les organisations de la société civile de tous les pays partenaires du Niger (et particulièrement de la France), concernées par la situation dramatique que connaît actuellement le pays et solidaires du peuple nigérien, à plaider auprès de leurs plus hautes autorités nationales pour qu’elles contribuent activement à une résolution rapide, pacifique et durable du conflit.
4. Appelons enfin toutes les composantes citoyennes, pacifiques et démocrates de la société nigérienne (ONG et associations, syndicats, autorités traditionnelles, autorités religieuses, médias, partis politiques, etc.) à faire entendre une voix forte et indépendante pesant de tout son poids pour la résolution rapide, pacifique et durable du conflit.
ORGANISATIONS SIGNATAIRES :
AAJ - Association Aide à la Jeunesse
ADC TAGAZAWA
ADDC - Wadata
AJJN - Association des Jeunes Juristes du Niger
AJLS - Association des Jeunes pour la Lutte contre le Sida
Alternative - Niger
ANDCD
ANPAD
ANPDDJ - Association nigérienne pour la promotion des Droits des Jeunes
ANSE - Association de Sans-Emploi
APEP - Association pour la promotion
ASENIA
Association Jeunesse Action Développement et Social
Association Kichin Culture
Association Nationale de Jeunes Diplômés
CNOJ - Collectif Nigérien des Organisations de la Jeunesse
COAJ - Collectifs des organisations et associations des jeunes
ERDD - Energie Renouvelable pour un Développement Durable
Fédération KASSAÏ
Global Marche Niger
Groupement des jeunes TUNDA HINEY
MCDDH - Mouvement Citoyen de Défense des Droits de l’Homme
ONG GADER
ONG MAHIBA
ONG Saâ
PASPA - Partenariat Stratégique pour la Paix en Afrique
Plate-forme paysanne du Niger
Rassemblement Démocratique des Femmes du Niger
Radio Communautaire des Jeunes de Goudel
REPAOC - Réseau des Plates-formes d’Afrique de l’Ouest et du Centre
Réseau International d’Etudes Stratégiques sur les Conflits en Afrique
RJ - NTIC - BEREY
ROASSN
RODADDHD - Réseau nigérien des ONG de Développement & Associations de Défense des Droits de l’Homme et de la Démocratie
ROSEN - Réseau des ONG du Secteur de l’Education au Niger
TANANI
Tawadal